Il ne s'agit pas d'un compartiment caché dans un conteneur ou d'un hors-bord accostant de nuit, mais d'un colis parmi des milliers d'envois postaux ordinaires. Des trafiquants de drogue utilisent le courrier et les colis pour introduire clandestinement des stupéfiants aux Pays-Bas. L'affaire a désormais été portée à l'attention de la Chambre des représentants.
Du cannabis aux drogues de synthèse
Début août, le journal De Telegraaf a révélé comment différents types de drogues arrivent aux Pays-Bas via le trafic de colis. Il ne s'agirait pas d'une drogue en particulier ni d'un itinéraire fixe. Cannabis, kétamine, méthamphétamine et autres substances peuvent être acheminés par colis.
Pour les criminels, ce mode de transport présente un avantage considérable : le nombre énorme de colis ordinaires rend le contrôle total pratiquement impossible.
Parallèlement, les envois postaux ne remplacent pas les circuits de contrebande traditionnels. Différents modes de transport peuvent être utilisés conjointement.
La Chambre des représentants souhaite savoir quelle est l'ampleur du problème.
La députée VVD Claire Martens-America a adressé des questions écrites au ministre de la Justice et de la Sécurité et au secrétaire d'État aux Finances le 4 août. De ce fait, la question est officiellement inscrite à l'agenda politique.
Les questions parlementaires se fondent directement sur des rapports concernant l'arrivée de drogues aux Pays-Bas par voie postale régulière. Elles sont enregistrées sous le numéro 2026Z16669.
Par conséquent, la discussion ne porte pas seulement sur les interceptions, mais aussi sur la question de savoir comment le gouvernement, les douanes et les entreprises de livraison de colis peuvent mieux identifier ces envois sans pour autant perturber le trafic normal de colis.
Les Pays-Bas voient entrer du cannabis par colis depuis un certain temps déjà.
Le fait que des drogues soient transportées par voie postale n'est d'ailleurs pas un phénomène entièrement nouveau. L'Aperçu national des lieux de trafic de drogue 2025 a déjà révélé que les douanes avaient intercepté environ 65 000 kilos de cannabis. Une grande partie provenait d'Amérique du Nord et de Thaïlande et est arrivée aux Pays-Bas par conteneurs maritimes, fret aérien, passagers et colis postaux, entre autres.
Le nouveau débat politique met surtout en lumière la flexibilité des réseaux internationaux de trafic de drogue. Si le contrôle d'une route est renforcé, les criminels peuvent déployer simultanément diverses alternatives.
Conclusion
Par conséquent, la lutte néerlandaise contre le trafic de drogue ne se limite plus aux grands ports et aéroports. Le flux quotidien de millions de colis contribue également au problème. L'implication de la Chambre des représentants devrait permettre de mieux cerner l'ampleur réelle de ce trafic et les mesures que les Pays-Bas peuvent prendre.
source: tweedekamer.nl

