Sur la côte pacifique de l'Équateur, les pêcheurs sont de plus en plus impliqués dans le trafic international de cocaïne. Des organisations criminelles tentent de recruter des pêcheurs pour transporter la drogue, tandis que, parallèlement, des opérations militaires de plus en plus brutales sont menées en mer contre les embarcations suspectes.
Une enquête menée par Reuters révèle comment les communautés de pêcheurs, notamment dans la province de Manabí, subissent des pressions.
Jusqu'à 40 000 dollars pour une cargaison de drogue
Des organisations criminelles comme Los Choneros et Los Lobos utilisent les connaissances et les bateaux des pêcheurs locaux pour transporter la cocaïne par voie maritime.
Certains pêcheurs pourraient gagner jusqu'à 40 000 dollars par voyage de contrebande. Mais refuser n'est pas toujours facile. Les habitants font état de menaces, d'extorsion et de violences de la part de groupes criminels. Des témoignages locaux confirment également que les pêcheurs des zones côtières subissent des pressions pour travailler pour des organisations de trafiquants de drogue.
Le danger rôde aussi en mer
Dans le même temps, la lutte contre le trafic de drogue dans le Pacifique oriental s'est militarisée. Les rescapés de deux bateaux de pêche équatoriens ont déclaré que leurs embarcations avaient été touchées par des drones armés en mars 2026.
Human Rights Watch a documenté les attaques contre les La Negra Francisca Duarte II en Don MacaLes survivants ont déclaré par la suite avoir été retenus en otages par des individus armés portant des drapeaux américains sur leurs uniformes. Au moins quatre personnes à bord ont été grièvement blessées.
Selon Reuters, des experts en sécurité estiment que ces incidents s'inscrivent dans le cadre des opérations antidrogue menées par les États-Unis dans la région. Toutefois, les États-Unis n'ont pas revendiqué publiquement ces attaques.
Les pêcheurs changent de vie
Cette situation a des conséquences majeures pour les communautés côtières. Certains pêcheurs prennent la mer moins souvent, choisissent des itinéraires alternatifs ou partent à des heures différentes pour éviter à la fois les organisations criminelles et les opérations militaires.
Conclusion
Le trafic de cocaïne en Équateur ne touche pas seulement les cartels et les forces de l'ordre. Les pêcheurs ordinaires se retrouvent de plus en plus pris en étau. Pour eux, une simple sortie de pêche peut désormais signifier craindre à la fois les cartels de la drogue à terre et les opérations armées en mer.
source: reuters.com

